Présentation

Emilie-Barbier_Presentation_Montage#2

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74 avenue de la République

44600 Saint-Nazaire

   

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J'ai d'abord suivi des études d'Histoire de l'Art à l'université de Besançon où j'ai obtenu un Master en 2005. Je me suis ensuite dirigée vers la scénographie et j'ai rejoins le DPEA scénographe de l'École Nationale Supérieure d'Architecture de Nantes, d'où je suis sortie diplômée en 2010.
 

Après plusieurs années consacrées à la scénographie et au travail de l'espace, je suis revenue à l'image à travers une série de photographies dans laquelle je me suis mise en scène vêtue d'un chemisier rouge et d'une jupe noire. D'où son titre, Le Rouge et le Noir, qui fait référence à Stendhal mais aussi à Jeanne Mas qui ne peut qu'avoir marqué mon inconscient d'enfant.


Cette série comporte une forte dimension autobiographique. Réalisée sur une douzaine de mois, elle m'a accompagnée au cours d'une période de transition et de déplacements multiples. On y voit le corps d'une femme, majoritairement dans la nature, contraint de composer entre sa tenue urbaine et les éléments constitutifs de son environnement direct. Ce corps apparaît comme une présence incongrue, toujours plus ou moins en lutte avec ce qui l'entoure. Il se tend, se plie, s'étire, s'accroche, se retourne, se suspend, tente de se maintenir en équilibre. Il est sensible également qu'il change de morphologie : des variations de poids modifient la façon dont il habite le vêtement, tantôt rempli, tantôt flottant. C'est une manière d'aborder les injonctions sociétales et normatives qui pèsent sur le corps des femmes, mais aussi la question de la résistance du corps, de sa force, de son endurance.

Chaque image possède une épaisseur narrative autonome, soulignée par son titre. En tant qu'ensemble, la répétition des situations – je pourrais dire l'obstination de ce corps à vouloir s'intégrer à un environnement duquel tout semble à priori l'exclure – place le propos à un niveau moins anecdotique. Cette série initie une recherche sur les relations du corps à son environnement, qui sous-tend l'ensemble de mes travaux.

A travers une pratique récurrente de l'autoportrait – c'est-à-dire un acte de déplacement du regard qui consiste à se situer soi-même dans l'image et à se contempler du dehors – et plus récemment du portrait, mes travaux explorent la relation de distance que le corps entretient avec son environnement. Qu'il n'existe que par son absence ou soit présent à l'image, le corps est tantôt intrus, décalé, tantôt fondu, confondu à ce qui l'entoure. Dans la série Centro D'eucledio qui utilise l'imagerie médicale, j'interroge une notion de porosité et d'inter-pénétrabilité du corps et du paysage, grâce aux propriétés de transparence de l'image radiographique.

 

Je m'intéresse aux phénomènes d'objectivation du corps, aussi bien dans l'histoire de sa représentation depuis la Renaissance que dans les manifestations sociales contemporaines de mise à distance de soi. Dans cette optique je me suis intéressée à l'imagerie médicale en tant que production technique d'une médecine qui aborde le corps dans sa dimension mécanique. Dans La Forme d'une Vie, je réalise des portraits de Nazairiens et de Nazairiennes à partir de l’assemblage d’une radiographie (choisie par eux) et d’une photographie prise sur le territoire de la commune. Au cours d’une rencontre individuelle, j’invite les participants à décrire l’image qu’ils ont apportée. Les mots qu’ils « posent » sur leur corps sont la matière même du portrait. Ma pratique est très influencée par ma formation initiale en histoire de l’art : la volonté – l’utopie peut-être – d’épuiser le sens d’une image par le langage, qui a sous-tendu toutes mes années de formation, se traduit dans ce projet par la place faite aux mots dans le processus de création. Une manière de convoquer une parole différente sur le corps et par le corps. Une manière de la restituer sous forme d’images, à la fois intimes et pudiques.